US Open: Barjon, c'est déjà l'Amérique – Golf – US Open

Il suffit de taper les six lettres de son nom sur le site de l'European Tour pour comprendre qu'il n'est pas tout à fait de la même famille que les autres golfeurs français. Son dernier (et éphémère) passage par le Vieux Continent remonte au mois de mai 2018 sur le Challenge Tour. Depuis, Paul Barjon, 27 ans, a disparu des radars européens.

Mais le voilà qui pointe ses lames dans cet effrayant US Open avec un dossard de 169e mondial (soit le 5e Français le mieux classé) dans le dos et c'est tout sauf un hasard. Car ce Néo-Calédonien, qui a tapé ses premières balles à Dumbéa, dans la banlieue de Nouméa, est le plus américain des Frenchies. Sa place dans le champ de son premier Majeur, il la doit à une 5e place sur le Korn Ferry Tour, la D2 du circuit PGA, au moment des qualifications spécifiques.

«Mes parents n'avaient rien contre le golf mais ils m'ont toujours poussé à faire des études

Avant de poser son sac aux États-Unis, Barjon a pas mal bourlingué. À 16 ans, il quitte son île du bout du monde, direction le pôle France d'Antibes. «C'était vraiment courageux de sa part de faire de longs voyages tout seul, se souvient Julien Brun, ancien n ° 5 mondial amateur. Mais Paul a toujours eu cette volonté d'aller de l'avant et de progresser. » Pendant quatre ans, loin de ses proches, le Caldoche s'entraîne sans relâche et empile les succès amateurs, comme le Championnat de France par équipes avec Cannes-Mougins en 2011, ou une 3e place aux Championnats du monde en 2012.

La suite? Presque naturellement le globe-trotteur s'envole pour les États-Unis et intègre l'université de TCU (Texas Christian University) à Fort Worth. «Mes parents n'avaient rien contre le golf mais ils m'ont toujours poussé à faire des études, histoire d'avoir quelque chose en cas d'échec, raconte Barjon. Julien Brun, qui était parti une année avant moi, m'avait dit tout le bien de TCU. Le choix a été vite fait. »

Cap sur le PGA Tour en 2022

Le Français découvre les États-Unis et se fond rapidement dans le décor. Regard malicieux et sourire facile, sociable et parfaitement bilingue, il fait rapidement l'unanimité. « Pour avoir partagé la chambre avec lui cette année, je peux dire que Paul est vraiment quelqu'un d'easy going, confirme son compatriote Cyril Bouniol. Pas du genre à se prendre la tête. » Une philosophie transposée au golf.

Une fois ses études terminées, contrairement à Clément Sordet, Joël Stalter ou encore Victor Perez, tous trois rentrés en Europe après leur cursus universitaire, Barjon fait le pari de tenter l'aventure américaine. «Je n'avais pas d'attache en métropole. J'ai rencontré à l'université celle qui est devenue ma femme et ça a aussi pesé dans mon choix. C'est un support essentiel. Si tu es tout seul c'est quand même compliqué de s'adapter. Cette vie sur le circuit américain n'est pas simple, c'est une vie d'ermite. »

«Paul va vivre ce qui va devenir certainement son quotidien dans peu de temps

Au fil des saisons, Barjon (1,85 m, 84 kg) gravit les échelons. Vainqueur du Mackenzie Tour (le circuit canadien) l'an dernier, il est actuellement 8e sur le Korn Ferry Tour et reste sur une 7e place, dimanche, lors de sa dernière sortie dans la banlieue de Chicago. Évoluer sur le PGA Tour en 2022 (en raison du Covid, la montée se fera sur les saisons 2020-2021) semble à portée de drive. «Paul va vivre ce qui va devenir certainement son quotidien dans peu de temps, assure Jean Van De Velde, seul Français à avoir conservé sa carte sur le PGA Tour en 2000. Après, un parcours d'US Open est un cran au-dessus de ce que l'on peut trouver le reste de l'année. C'est le test ultime. Il faut donner tout ce que l'on a mais ne pas être déçu si ça ne se passe pas très bien. C'est un apprentissage. »

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