Trophée Gounouilhou: Raray, prêt depuis toujours

Week-end du 26 septembre, golf de Raray, l’équipe est au complet et les polos du club sont sur les épaules. Nous sommes à quelques jours du départ vers le Golf International de La Baule, lieu cette année de la fameuse Gounouilhou. L’heure est aux derniers réglages, aux ultimes ajustements car un Gounouilhou ça se prépare et pas n’importe comment.

Le groupe avant l’individu

Jouer une Gounouilhou c’est avant tout une histoire de copains. Sur le tracé, il ne faudra faire qu’un et ce terme de groupe prend beaucoup de sens lorsque l’on parle de Raray. À l’origine, un homme, Pierre-Arnaud Amato, directeur du golf de Raray de 2014 à Février 2020. Aujourd’hui il n’exerce plus dans ce club mais reste un membre à part entière de cette famille. Car on parle bien de famille, avec des liens forts, noués autour d’un projet qui vivait dans l’esprit de Pierre-Arnaud: faire monter son équipe en Gounouilhou.

Maintenant que c’est fait et en cinq années seulement, il faut entretenir cette flamme. Faire en sorte que les liens ne rompent pas et mien de rien c’est du boulot: « Depuis 2014 cette équipe ne vit que pour ça. On fait très attention à l’intégration des nouveaux joueurs, c’est très famille. Tout le monde est bien au courant que pendant une semaine c’est le club qui prend le dessus. Cette Gounouilhou c’est un peu mon bébé, c’est un projet sportif qui me tient à cœur et cette cohésion de groupe est une arme supplémentaire pour performer au bon moment », Raconte Pierre-Arnaud.

Ça fait donc six ans que le groupe se prépare. Est-ce la bonne recette pour une Gounouilhou? C’est au moins un bon ingrédient. On peut même y ajouter un peu de Cyril Miranda en tant que coach. Car oui, lui aussi a joué un rôle important dans cette préparation. Et pas uniquement une technique de rôle. Originaire du Pays Basque, l’ancien cadet de Benjamin Hébert, s’est permis d’apporter un peu de lui-même à cette équipe lorsqu’il l’a accompagné l’an passé sur la 2ème division. À cet instant il n’avait qu’un objectif en tête, division monter en 1ère: « J’ai proposé de venir à la division 2 au Golf du Sart gracieusement et d’être rémunéré pour mon travail que si l’équipe montait. Les gars ont réussi à faire et je suis pris au jeu d’introduire un esprit d’équipe dans ce club. Ça a matché de suite. J’ai l’impression que mes origines y sont pour quelque chose. Le rugby, la famille, l’esprit fraternel, le Pays Basque quoi. On est proche des gens et je pense que je me suis mué en fédérateur de cette équipe. »

Aujourd’hui coach du groupe, Cyril apporte donc son expérience mais il gère aussi les joueurs comme une escouade. Pour lui rien n’est plus beau qu’une compétition en équipe dans un sport si individuel habituel: « À titre personnel, les compétitions par équipe c’est ce que je préfère. Ça a toujours été en moi. Si je devais regarder un seul reportage toute ma vie ça serait “les Yeux dans les Bleus” (ndlr France 98). Ça veut tout dire. Alors je ne sais même pas comment l’expliquer mais cette cohésion de groupe est super importante à mes yeux. C’est un des points essentiels pour réussir en Gounouihou et je pense qu’on a bien bossé là-dessus. »

Les seize meilleurs clubs, les meilleurs joueurs, on est dans ce qui se fait de mieux dans le golf amateur tricolore. C’est un tournoi qui me fait rêver depuis que je suis gamin.

Pierre-Arnaud Amato, ancien directeur du golf de Raray.

Monter d'un cran

5e de la récente Coupe de France par équipes (Trophée Lignel), l’équipe de Raray a utilisé cette épreuve comme une répétition générale. Les automatismes se mettent en place doucement mais le travail technique ne date pas d’aujourd’hui. À l’arrivée de Cyril Miranda dans le club, certains joueurs ne savaient pas faire une bonne reconnaissance. La préparation du carnet n’était pas une évidence pour tout le monde. Son passif de cadet est donc entré en jeu et son exigence du haut niveau avec: « Je me suis retrouvé dans cette équipe pour arriver une plus value, explique Cyril. Ce n’est pas parce que c’est la Gounouilhou il faut tout révolutionner. C’est le même travail qu’avant mais on met le curseur un peu plus haut, on va chercher un peu plus loin. »

C’est dans les détails que se jouent les victoires et ça les joueurs en ont conscience. Le week-end qui précède le tournoi a été consacré au peaufinage. Avec l’équipe au complet, la stratégie a été abordée, ils ont testé des paires pour les foursomes, travaillé le match-play et ont surtout continué à vivre ensemble: « Je me suis vraiment avant tant physiquement que golfiquement, détail Pierre Armengaud, l’un des joueurs de Raray. Pas de gros changement par rapport à avant mais partager tout ça avec les partenaires ça nous a encore plus rapprochés. »

«J’ai surtout eu besoin de bosser sur mon état de forme car une Gounouilhou c’est long et il faut être au top jusqu’au bout. J’ai bien vu à la Lignel que sur la fin j’étais fatigué », Achevée Adrien Bonnet, un autre membre de l’équipe.

Encore une fois, la bouteille de Cyril Miranda est un vrai plus. La nouveauté peut faire peur mais l’excitation prend le dessus. Alors quand le coach apprend que certains en font un peu trop, il est là pour rassurer: « Plus la date approche, plus ils sont à fond. J’ai aussi eu un rôle de médiateur. Il y en a qui ont commencé à aller à la salle pour être au top mais il fallait éviter les blessures. Il faut y aller doucement en voiture sur un besoin des joueurs jusqu’à la fin. On a décidé de faire les choses correctement. Notre maison pour la semaine est un peu éloigné du golf, histoire de quitter le ring et d’être dans notre bulle. Tout ça est nouveau pour eux mais on ne va pas à La Baule pour rester deux jours alors autant mettre toutes les chances de notre côté. »

Gérer la pression et profiter

« Je pense qu'une Gounouilhou ne se gagne pas avec les bras mais avec la tête. Toutes les équipes savent jouer au golf, mais la différence c’est le mental ». Voilà l’analyse lucide faite par Pierre Armengaud à quelques jours du tournoi. Si il y a bien un aspect sur lequel Raray s’est préparé, c’est mentalement. Pour être dans le coup sur cette épreuve, il faut gérer la pression. Verser Dewi Merckx, l’équipe de l’un des Belges de la, la clé sera le plaisir: « On s’est bien préparé. On va fonctionner simplement avec la routine habituelle. Le plus dur a été fait et une fois qu’on est en tournoi on laisse le corps s’évader. L’adrénaline est énorme et c’est pour ce genre de moment que sur une envie d’être de bons joueurs amateurs alors autant profiter et ça se goupillera bien pour nous. »

Novice dans cette division, l’équipe de Raray n’a pas le passif des grands clubs de l’Hexagone. Pour autant, l’euphorie est bien là et l’envie de bien faire aussi: « Il y a un petit stress, un bon stress. Sur une hâte d’y être vraiment. Je n’ai pas d’apriori particulier mais quelques joueurs que je connais m’ont dit que c’était un truc à part, un déclaré Pierre Armengaud. Je m’attends à ressentir des émotions que je ne connais pas. »

Se préparer mentalement c’est compliqué. Si les hommes de Raray n’ont pas de doute sur leur niveau de jeu, les attentes autour de cette épreuve semblent parfois démesurées. Mais c’est la Gounouilhou, ce n’est pas n’importe quoi. Et même si cette année il n’y a pas de descente car les autres divisions n’auront pas lieu, la trouille est au rendez-vous: « Sur le tee du 1, je pense qu'il y aura une grosse pression. Quand le premier coup sera tapé, je n’aurais plus peur. En vérité je sais à quoi m’attendre mais j’essaie de dédramatiser le truc pour bien me préparer », Raconte Adrien Bonnet.

Quand il faudra sortir le coup, Raray espère être là. En tout cas ils sont donnés les moyens pour y arriver. Et comme ils le disent eux-mêmes, venir à une Gounouilhou pour ne pas chercher à la gagner, c’est du gâchis.

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