Golf – US Open – US Open: «Tee time» chez Rolex

L'horloger suisse fête ses quarante ans de partenariat avec l'US Open, première pierre de son omniprésence dans le monde du golf.Cette semaine, la 120e édition de l'US Open de golf se déroulera en petit comité, sur le Winged Foot club de Mamaroneck, au nord de New York. La faute à la pandémie de Covid-19 et au huis clos décrété là comme ailleurs. L'ambiance y sera plus feutrée que jamais mais ce n'est pas la raison pour laquelle Rolex n'a pas prévu de commémoration particulière pour célébrer les quarante ans de son partenariat avec l'épreuve. Ce n'est simplement pas dans la culture de l'horloger suisse de luxe, qui préfère laisser parler son engagement dans le sport à une communication tapageuse. Ou, comme dans le tennis, où tous les tournois du Grand Chelem sont en partenariat avec la marque (Wimbledon ayant été le premier en 1978), l'automobile (de la Formule 1 aux 24 Heures du Mans), la voile ou l ' équitation, cette collaboration n'a eu de cesse de se développer, au point d'être aujourd'hui indissociable du golf lui-même.Mercedes Gleitze et la traversée de la Manche à la nageL'histoire remonte aux années 1960, quand Rolex mit ses montres au poignet de Gary Player, Jack Nicklaus et Arnold Palmer, le génial «Big Three» originel du golf moderne. Cela s'inscrivait alors dans un marketing sportif offensif dont le fondateur de la marque, Hans Wilsdorf, fut un pionnier redoutable. Wilsdorf expérimenta en effet le placement de produit en demandant à Mercedes Gleitze, une jeune secrétaire anglaise, de porter son «Oyster» autour du cou lors d'une traversée de la Manche à la nage, en octobre 1927, qui devait confirmer cette grande première féminine sous les yeux des médias du monde entier.Peu importe si Gleitze ne parvint pas à ses fins ce jour-là, dans une eau à 10 ° C, sa montre étanche avait fait le tour de la planète. L'idée fut la même avec l'automobile et les records de vitesse (jusqu'à 485 km / h) de sir Malcolm Campbell au volant de son Bluebird à Daytona Beach dans les années 30 ou avec sir Edmund Hillary et son sherpa Tenzing Norgay au sommet de l'Everest en 1953.Ces «témoignages» firent mouche. Dès 1954, le romancier Ian Fleming affuble son héros ultra-sportif James Bond d'une Oyster Perpetual. Et Sean Connery portera une Submariner dès 1962 contre Docteur No, la première version cinématographique de 007. Ironiquement, certains golfeurs préfèrent ne pas porter de montre quand ils jouent. Jack Nicklaus, par exemple, qui n'enfilait pas sa célèbre Golden Day-Date qu'à l'heure de la remise des lauriers, lors de douze de ses dix-huit victoires en Majeurs notamment. Certains évoquent le déséquilibre d'un geste de précision malgré la légèreté de l'ustensile. D'autres craignent pour le mécanisme sous la violence des swing et des vibrations dans le club, voire des chocs impromptus … Une idée reçue.Chaque boîtier Rolex subit aujourd'hui des batteries de tests dans le labo de Plan-les- Ouates, à côté de Genève. Un robot au bras articulé y reproduit notamment à l'infini les gestes des sportifs (et du quotidien) pour soumettre les montres à plusieurs années de vie en une semaine. Vingt-six tests de chute différents sont infligés à chaque boîtier pro, dont l'impact du plus violent, le test du bélier équivaut à 5 000 G, soit plusieurs centaines de fois celui des tests de collision des voitures.En 2011, la signature de Tiger WoodsDans les faits, les ambassadeurs Rolex sont innombrables sur les plus grands parcours. En 2011, la marque a signé avec Tiger Woods, le champion le plus emblématique de sa génération, quand les partenaires le fuyaient à un moment compliqué de sa vie. Un coup gagnant. Beaucoup de jeunes ont suivi: Brooks Koepka (30 ans), double vainqueur de l'US Open 2017-2018, Jordan Spieth (27 ans), lauréat en 2015, Jason Day (32 ans), Jon Rahm (25 ans seulement). .. Mais si Rolex est l'horloger qui investit le plus dans le sport, selon les sites spécialisés, c'est d'abord parce qu'il a multiplié les partenariats avec (presque toutes) les plus grandes compétitions du monde depuis 1980. Sa fameuse couronne un orné de l'horloge des verts du Royal Saint-Georges dès le British Open de 1981. Avec le Masters, cela fait trois des quatre Majeurs. Auxquels il faut ajouter les trois plus grands circuits masculins (PGA, Europe, Asie), tous les Majeurs féminins, les Ryder, President et Solheim Cup … et même les plus grands tournois amateurs. ils pourraient faire de plus, note Pascal Grizot, vice-président de la Fédération française. Car au-delà de l'aspect financier, ils sont extrêmement compétents, ils connaissent parfaitement le golf et ses codes, travaillent avec toutes ses instances dirigeantes, l'USGA aux États-Unis, le Royal et Ancien ailleurs, les Majeurs … En fait, c'est à nous de faire plus, car à chaque fois qu'on a eu un projet à la hauteur de leurs ambitions, Rolex nous a soutenus. »Grizot explique ainsi comment Rolex a aidé à obtenir l'organisation de la dernière Ryder Cup, en 2018, sur l'Albatros de Saint-Quentin-en-Yvelines, enitant sur tous leurs événements pour faciliter son lobbying. «Ils seront aussi notre partenaire numéro 1 pour les Championnats du monde (amateurs) qu'on organisera sur le Golf national en 2022, dit-il. Pour les meilleurs qui passeront pro, cela pourrait servir de tremplin pour les JO de Paris, sur le même parcours. »Avec le Covid, Grizot explique que sa fédération a perdu des partenaires. «Mais Rolex ne vous abandonne jamais, se réjouit-il. N'étant pas une société cotée mais régie par une fondation, ils peuvent se donner les moyens du très long terme et maintenir leur cap dans le sport. C'est en fait dans ces périodes les plus difficiles que Rolex compte le plus, qu'il est plus que jamais le principal partenaire du golf mondial et qu'on peut parler d'honneur de l'avoir à nos côtés. »

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